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B-TECHNIQUES DE CARACTERISATION DES CELLULES EPITHELIALES
B-1-MICROSCOPIE
B-1-1-Optique
B-1-2-Electronique à balayage
B-1-3-Electronique à transmission
B-2-ETUDE DE L'EXPRESSION DES KERATINES
B-2-1-Rappels
B-2-2-Choix des anticorps monoclonaux anti-kératines
B-2-3-Histologie et Immunohistochimie
B-2-4-Immunocytochimie
B-3-REVELATION DES KERATINES APRES EXTRACTION,
SEPARATION ET IMMUNODETECTION APRES TRANSFERT SUR NITROCELLULOSE
B-3-1-Extraction des kératines
B-3-2-Dosage des protéines
B-3-3-Séparation des kératines
B-3-4-Coloration du gel
B-3-5- Immunodétection des kératines après
transfert sur nitrocellulose
B-3-6-Coloration après transfert
Ont été choisis comme critères de caractérisation :
- des critères microscopiques (optique et électronique à balayage
et à transmission),
- des critères immunologiques de l'expression des kératines.
Révélation des kératines intracellulaires dans
les cellules épithéliales en culture (immunocytochimie) comparativement
à des coupes histologiques de la paroi trachéale (immunohistochimie).
Révalation des kératines après extraction, séparation
et immunodétection après transfert sur nitrocellulose.
B-1-MICROSCOPIE
B-1-1-Optique
Les cellules sont observées et photographiées sur le support plastique,
à l'aide d'un microscope en lumière directe.
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B-1-2- Electronique
à balayage
Les échantillons sont fixés avec 2 % (v/v) de glutaraldéhyde dans
du tampon de cacodylate de sodium 0,15 M, pH 7,3 pendant 15 min
à température ambiante. Les surfaces sont lavées par du tampon de
cacodylate de sodium 0,15 M pendant 10 min. Les échantillons sont
alors déhydratés par des séries de traitement à l'éthanol de 25
à 100 %. La déshydratation se fait selon la technique dite du point
critique. Les échantillons sont ensuite métallisés par une couche
d'or de 20 nm. L'observation est réalisée avec un microscope électronique
Hitachi S 2500.
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B-1-3-Electronique
à transmission
Les échantillons sont fixés dans du tampon glutaraldéhyde-cacodylate
pendant 1 h à 4°C. Les cellules sont lavées dans 0,15 M de cacodylate,
puis mis en présence de 2 % (v/v) de OsO4- 0,3 M cacodylate
pendant 60 min. Les échantillons sont déshydratés par des séries
de traitement à l'éthanol de 25 % à 100 %. La déshydratation est
poursuivie par un traitement de propylène-oxide Epon (1:1). Les
échantillons sont enfin placés dans de l'Epon pur et polymérisés
à 60°C pendant 48 heures. Les coupes (60 µm) sont effectuées avec
un diamant et observées avec un microscope électronique à transmision
Hitachi HU 11E.
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B-2-ETUDE DE L'EXPRESSION
DES KERATINES
B-2-1-Rappels
Les filaments intermédiaires, notamment les kératines et la vimentine
sont des protéines importantes, composants essentiels du cytosquelette
qui sont fabriqués par les cellules avec une spécificité variable
mais souvent étroite. Les kératines, que l'on appelle aussi cytokératines,
appartiennent à une famille codée par plusieurs gènes et correspondent
à des polypeptides fibreux intracellulaires, insolubles dans l'eau,
présents dans pratiquement toutes les cellules épithéliales. Les
kératines peuvent être séparées en deux groupes en fonction de leur
poids moléculaire, de leur immunoréactivité avec des anticorps monoclonaux
de spécificité restrictive et en fonction de leurs points isoélectriques.
Le groupe A (A pour acide, aussi appelé groupe I) est formé par
des kératines de poids moléculaires 56,5 ; 55 ; 51 ; 50 ; 50' ;
48 ; 46 ; 45 et 40 kilodaltons (kD) correspondant aux numéros 10,
12-19 de la classification de Moll (1992). Les éléments de ce groupe
ont des points isolélectriques plutôt acides. Le groupe B (B pour
basique, qu'on appelle également groupe II) est composé des kératines
65-67, 64, 59, 58, 56, 54 et 52 kd, correspondant aux types 1 à
8 de la classification de Moll, qui ont un point isoélectrique plutôt
basique (Battifora, 1991).
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B-2-2-Choix des
anticorps monoclonaux anti-kératines
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Toutes les cellules épithéliales peuvent montrer
un immunomarquage positifs pour les kératines (Battifora, 1991).
Notre modèle d'étude se propose d'identifier spécifiquement
l'épithélium de la trachée. Nous avons donc choisi les quatres
anticorps anti-kératines de poids moléculaires 52,5 ; 54 ; 45
; 40 kd correspondant au type 8, 13, 18, 19 de la classification
de Moll (1982). Seul l'épithélium trachéal est reconnu par les
quatres anticorps en même temps (tableau n°1).
De plus, il a été décrit que la kératine de type 13 est exprimée
plus fortement lors de la différenciation squameuse (Jetten,
1989a). |
Afin de comparer nos résultats avec ceux déjà obtenus
au laboratoire, nous avons de plus utilisé un "cocktail"
AE1/AE3 d'anticorps
monoclonaux anti-kératines. L'anticorps monoclonal AE1 reconnaît les kératines acides 56,5 ; 50 ; 50' ; 48 et 40 kd
et l'anticorps monoclonal AE3 reconnaît les
kératines basiques 65-67 ; 64 ; 59 ; 58 ; 56 et 52 kd. Toutes les
études d'immunocytochimie ont été réalisées avec des anticorps monoclonaux
anti-kératines commercialisés par Boehringer Mannheim. Nous nommerons
dorénavant les kératines de la façon suivante : K19 pour la kératine
19, etc... Les concentrations d'anticorps utilisées sont en immunohistochimie
: anti-K19 : 20 µg/ml ou anti-K18 : 20 µg/ml ou anti-K13 : 20 µg/ml
ou anti-K8 : 20 µg/ml, selon les recommandations du fournisseur.
En cytochimie, les concentrations d'anticorps nous semblant les
plus favorables ont été : anti-K19 : 80 ng/ml ou anti-K18 : 800
ng/ml ou anti-K13 : 400 ng/ml ou anti-K8 : 80 ng/ml ou AE1/AE3 : 40 ng/ml.
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B-2-3-Histologie
et Immunohistochimie
a-Préparation tissulaire
Le tissu est fixé dans du formol (3,7 %) puis inclus
dans de la paraffine par déshydratation dans les bains suivants
: eau (5 min), éthanol 80 % (5 min), éthanol 95 % (2 x 5 min), éthanol
absolu (2 x 5 min), éthanol/toluène 1:1 (5 min), toluène (5 min),
2 bains de paraffine à 56°C. Après solidification de la paraffine,
le tissu est fragmenté en coupes d'épaisseur de 3 µm puis déposées
sur une lame. Avant les études, la coupe est déparaffinée par réhydratation
dans les bains suivants : toluène (2 x 5 min), éthanol absolu (2
x 5 min), éthanol 95 % (2 x 5 min), éthanol 80 % (2 x 5 min), eau.
b-Coloration Hématéine,
Erythrosine, Safran (HES)
Principe
: il s'agit d'une coloration topographique, de routine, associant
une coloration nucléaire et une coloration cytoplasmique. Les noyaux
apparaissent violets, le cytoplasme rouge, le collagène jaune.
Méthode
: après avoir été réhydratée, la coupe est colorée par passages
successifs dans les bains suivants : Hématéine (10 min), rinçage
à l'eau, bref passage dans l'HCl 1 %, rinçage à l'eau du robinet
pour "bleuir" la coupe, Erythrosine 1 % (2 min), rinçage
à l'eau, passage dans 2 bains d'éthanol absolu, Safran 5 min. La
coupe est ensuite déshydratée et du baume (Histolaque LMR) est ajouté
pour maintenir une lamelle sur la coupe.
c-Immunohistochimie
Un premier anticorps de souris anti-kératines se fixe spécifiquement
sur les kératines. La présence de cet anticorps est révélé par la
fixation d'un anticorps secondaire biotynilé de lapin anti-souris
(kit DAKO LSAB kit, Peroxidase universale K680). Cette méthode utilise
la haute affinité de la streptavidine pour la biotine. La streptavidine
est couplée à l'enzyme péroxydase et va se fixer sur l'anticorps
secondaire biotynilé. L'activité de la péroxydase induira la coloration
du chromogène (figure
n°2).
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B-2-4-Immunocytochimie
L'étude est réalisée sur cellules de premier passage.
Les cellules sont ensemencées sur une lame Lab-Tek (8 puits) collagénée
à raison de 40000 cellules/cm2. Les cellules sont placées
dans un incubateur à C02 pouvant maintenir une atmosphère
à 5 ± 0,1 % de CO2 et une humidité relative de 98 % à
37 °C pendant 5 jours. La détection des kératines est faite par
un premier anticorps de souris anti-kératines. Ce premier anticorps
sera révélé grâce au kit DAKO APAAP Kit, Systeme 40 K670. Cette
méthode utilise un complexe immun de deux molécules de phosphatase
alcaline fixées sur un anticorps de souris. Cet anticorps est reconnu
par l'anticorps secondaire de lapin anti-souris, lui même fixé sur
l'anticorps primaire. La coloration du chromogène se fait grâce
à l'activité de la phosphatase alcaline (figure
n°3).
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B-3-REVELATION
DES KERATINES APRES EXTRACTION, SEPARATION ET IMMUNODETECTION APRES
TRANSFERT SUR NITROCELLULOSE
B-3-1-Extraction
des kératines
Ont été concernées par ces extrations, des cellules
témoins (culture en condition standard), des cellules traitées par
l'acide rétinoïque (concentration finale 10-6 M, voir
plus loin) afin d'appréhender son influence sur l'expression des
kératines 19, 18, 13 et 8.
La technique d'extraction utilisée a été décrite par
Franke (1978). Son principe repose sur la propriété des kératines
à résister à la solubilisation par des détergents non ioniques et
par des tampons de faible et de forte forces ioniques. Leur solubilisation
est seulement obtenue sous l'action de forte concentration d'urée
ou de solution de pH fortement alcalin.
Dans un premier temps, la culture cellulaire est incubée
en présence d'un détergent non ionique et non dénaturant, le Triton
X-100 et dans un tampon de faible force ionique. Ce premier traitement
a pour effet de solubiliser la plupart des protéines.
Afin d'enrichir la préparation en kératines, celle-ci
est broyée dans un deuxième tampon de forte force ionique en présence
de Triton X-100. Le culot de kératine obtenu après lavage, est repris
dans du tampon PBS.
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B-3-2-Dosage
des protéines
Le dosage des protéines est fait par la méthode de
Lowry (1951).
B-3-3-Séparation
des kératines
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Les kératines sont séparées par électrophorèse
en gel de polyacrylamide à 10 % (v/v) en condition dénaturante.
La composition des tampons est détaillée dans la figure n°4.
Les échantillons sont solubilisés dans le tampon
décrit par Laemmli (1970) puis chauffés pendant 3 minutes
à 100°C. Les protéines (entre 5 et 10 µg/puits) sont alors
séparées sur un gel discontinu constitué d'une partie à 10
% de polyacrylamide (gel de séparation) surmontée d'une partie
à 5 % de polyacrylamide (3 à 4 cm de hauteur). L'électrophorèse
est conduite pendant 1 heure à 100 V dans le gel de concentration
et 5 heures à 120 V dans le gel de séparation. Les poids moléculaires
des kératines sont déterminés en comparant leur mobilité électrophorétique
à celles de protéines standards de poids moléculaires connus
(kit de calibration Pharmacia : phosphorylase b 94 kD ; albumine
67 kD, ovalbumine 43 kD ; anhydrase carbonique 30 kD ; inibiteur
de la trypsine 20 kD).
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B-3-4-Coloration
du gel
Le gel est immergé pendant une heure dans une solution
de coloration (méthanol 50 % (v/v), acide acétique 10 % (v/v), bleu
de Coomassie R250 (Sigma) 0,20 % (p/v)), puis placé dans une solution
décolorante (méthanol 40 % (v/v), acide acétique 7,5 % (v/v)) pendant
30 min.
B-3-5-Immunodétection
des kératines après transfert sur nitrocellulose
Les kératines séparées par électrophorèse sont transférées
par diffusion passive sur une membrane de nitrocellulose. Après
transfert, les membranes sont saturées avec 3 % de BSA dans du PBS
0,1 M, pH 7,4, pendant 3 h à 37°C. Après lavage dans du PBS 0,1
M, pH 7,4, contenant de la BSA 0,5 % (p/v) et du Tween 20 0,2 %
(p/v), les membranes sont incubées en présence des anticorps monoclonaux
anti-kératines (19, 18, 13, 8) dilués dans les mêmes proportions
qu'en immunocytochimie, dans du PBS-Tween-BSA pendant 16 h à 37°C.
Les membranes sont ensuites lavées dans du PBS-Tween-BSA, et les
anticorps primaires sont révélés par incubation avec des anticorps
secondaires anti-souris marqués à la péroxydase (Institut Pasteur)
dilués à 1:1000 dans 0,1 M PBS, pH 7,4 pendant 1 h à 37°C. Les immunoglobulines
sont révélées par un chromogène sensible à la péroxydase : chloroaphtol
(3 mg/ml de méthanol) dans 0,1 M de PBS, pH 7,4, contenant de l'H2O2
0,02% (v/v). La réaction est arrêtée avec du SDS 0,1 % (v/v).
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B-3-6-Coloration
après transfert
La membrane de nitrocellulose est rincée dans du PBS
0,1 M puis incubée 5 min dans une solution de noir amidon (méthanol
50 % v/v, acide acétique 7,5 % v/v, noir amidon 0,1 % p/v). La membrane
de nitrocellulose est ensuite décolorée avec une solution de méthanol
50 % v/v et d'acide acétique 7,5 % v/v.
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