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Chapitre III
RESULTATS

 

A - MODELE DE CULTURE CELLULAIRE

A-1-OBTENTION DES CELLULES
A-2-CARACTERISATION MORPHOLOGIQUE DU MODELE
A-3-CINETIQUE DE PROLIFERATION CELLULAIRE
A-4-EXPRESSION DES KERATINES
A-4-1-Histologie et Immunohistochimie
A-4-2-Immunocytochimie
A-4-3-Révélation des kératines après extraction, séparation et immunodétection après transfert sur nitrocellulose

A-1-OBTENTION DES CELLULES

Sortie d'explant (E), cellules épithéliales (x 200).
Ph 4 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Au cours de ce travail, nous avons pu bénéficié de 5 fragments de trachée dont les dimensions approximatives sont de 5 cm de longueur et 2 cm de diamètre, soit pour chaque prélèvement une surface épithéliale d'environ 31 cm2. A partir de ces fragments, 59 boîtes de Pétri ont été mises en culture, contenant chacune 5 explants. Parmi ces 59 boîtes ensemencées, 5 (soit 8 %) ont donné lieu d'emblée à une culture contaminée probablement en raison de la non stérilité du prélèvement obtenu. Toutes les autres ont conduit à une "sortie d'explant", c'est à dire à l'apparition de cellules sur le support collagéné comme le montre la photo n°4 : on y observe des cellules polygonales, jointives en monocouche, dont le noyau présente plusieurs nucléoles.

Dans 30 boîtes (soit 51 % des boîtes ensemencées), nous avons observé un arrêt rapide de la croissance cellulaire ainsi qu'un décollement progressif des explants, échec que nous avons attribué à la qualité du revêtement collagéné. Pour les 24 boîtes restantes (41 %), nous avons obtenu une "sortie d'explant" suivie d'une croissance cellulaire : après 2 à 3 semaines de culture environ, l'aspect de la monocouche obtenue à confluence est visualisé sur la photo n°5. Pour ces boîtes, les explants ont été "repiqués" plusieurs fois (jusqu'à 7 fois, soit 4 à 5 mois de culture) pour réinduire de nouvelles colonisations cellulaires : à partir de ces 24 boîtes, 72 boîtes de Pétri ont été colonisées après "repiquage" successifs. Le temps moyen au bout duquel des cellules ont été observées autour des explants est de 6 ± 3 jours. Ces cultures primaires nous ont permis de réaliser les différentes expériences exposées plus loin. Dans un petit nombre de boîtes, nous avons constaté qu'au-dela de 15 jours de culture (pour les premiers repiquages) ou plus précocément (pour les derniers repiquages) des cellules d'allure fibroblastique sont apparues.
Cellules épithéliales à confluence (x 200).
Ph 5: Cliquez sur l'image pour l'agrandir

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A-2-CARACTERISATION MORPHOLOGIQUE DU MODELE

Microscopie électronique à balayage (SEM)

Surface des cellules épithéliales à confluence (SEM x 300).
Ph 6 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
L'aspect observé en microscopie optique est corroboré par l'aspect obtenu en microscopie électronique à balayage (photo n°6) : les cellules observées présentent les caractéristiques morphologiques attendues d'un épiyhélium respiratoire, à savoir un aspect homogène, des cellules jointives en monocouche dont certaines présentent des spécialisations de surface comme les microvillosités (photo n°7).
La surface des cellules épithéliales montre des microvillosités (SEM x 1000).
Ph 7 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Microscopie électronique à transmission (TEM)

Les cellules sont interconnectées par des desmosomes (D) typique des cellules épithéliales.
Ph 8: Cliquez sur l'image pour l'agrandir
L'étude de la couche cellulaire en microscopie électronique à transmission a montré que les cellules étaient interconnectées par des desmosomes, structures classiquement décrites dans les épithéliums (photo n°8 et photo n°9).
Les cellules sont interconnectées par des desmosomes (D) typique des cellules épithéliales.
Ph 9: Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Les desmosomes sont aussi appelés macula adherens car ils assurent une très forte adhésion entre cellules voisines. Les membranes plasmiques des cellules voisines sont rectilignes et parallèles et sont recouvertes sur leur face intracellaire d'un matériel dense ou "plaque" vers laquelle convergent des faisceaux de microfilaments appelés tonofilaments. Les tonofilaments sont probablement constitués de kératine ou d'un précurseur de celle-ci.

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A-3-CINETIQUE DE PROLIFERATION CELLULAIRE

Courbes de prolifération des cellules épithéliales
Fig 5 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Vingt-quatre heures après l'ensemencement, environ 62 % des cellules, sur support collagéné, sont recueillies contre 25 % des cellules sur support plastique. L'analyse de la courbe de croissance cellulaire en fonction du temps sur chaque support fait apparaître deux phases (figure n°5). Une première phase de latence dure 4 jours lorsque le support est collagéné et 6 jours lorsqu'il ne l'est pas. Nous avons obtenu (et ce de façon constante lors des réensemencements) un rendement d'adhésion cellulaire maximum d'environ 50 %, 24 h après ensemencement, que le support soit collagéné ou non. Puis la deuxième phase est exponentielle avec des temps de doublement de la population cellulaire qui sont respectivement d'environ 3 jous et 4,5 jours. Deux semaines après l'ensemencement, la densité cellulaire sur support collagéné est de 20 x 104 cellules / cm2 soit 3 fois supérieure à celle sur support plastique. Ces résultats montrent donc l'importance du support lors de culture cellulaire.

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A-4-EXPRESSION DES KERATINES

Nous avons comparé l'expression de quatres kératines représentative de l'épithélium trachéal respiratoire, les kératines 19, 18, 13 et 8 dans des échantillons issus d'un même prélèvement trachéal, mais destinés soit à l'anatomo-pathologie, soit à la culture cellulaire et ce, lors de différents "repiquages".

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A-4-1-Histologie et Immunohistochimie

Coloration HES (Hématéine Erythrosine Safran) (photo° 10)

coloration H.E.S.
Ph 10 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Sur la partie supérieure de la coupe, on distingue les cellules épithéliales (cytoplasme rose et noyau violet) en couche pseudostratifiée, caractéristique d'un épithélium respiratoire (E). L'épithélium repose sur une membrane basale (Mb). Au-dessous se situe le tissu conjonctif où l'on peut distinguer le collagène en jaune.

 

Expression des kératines sur coupe tissulaire

Témoin négatif.
Ph 11 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
La photo n°11 (témoin négatif) montre une coupe tissulaire qui a suivi le même protocole de révélation des kératines que les photos n°12, 13, 14, 15 mais en absence d'anticorps monoclonaux anti-kératines. Nous avons détecter une forte expression des kératines 19 et 8 sur les photos respectives 12 et 13 (coloration rouge). Cette expression est uniquement localisée au niveau de l'épithélium respiratoire. Les photos n°14 et 15 montrent respectivement l'expression des kératines 18 et 13. Le marquage est faible et semble concerner toute la coupe. L'étude de l'expression des kératines 19, 18, 13 et 8 a donc révélé une différence d'intensité de marquage suivant la kératine analysée, bien que les concentrations d'anticorps utilisées soient identiques.
Ac anti-K19.
Ph 12 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Ac anti-K8.
Ph 13 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Ac anti-K18.
Ph 14 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Ac anti-K13.
Ph 15 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir

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A-4-2-Immunocytochimie

Les photos n°16 et 17 montrent respectivement une forte expression des kératines 19 et 8 sur culture cellulaire de cellules épithéliales. La concentration des anticorps anti-kératines 19 et 8 est de 80 ng/ml. Comme nous avons pu l'observer sur les coupes tissulaires, l'expression des kératines 18 et 13 sur culture cellulaire de cellules épithéliales est également plus faible (photos n°18 et 19). La concentration des anticorps anti-kératines 18 et 13 est respectivement de 800 ng/ml et 400 ng/ml.

Ac anti-K19 (80 ng / ml).
Ph 16 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Ac anti-K8 (80 ng / ml).
Ph 17 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Ac anti-K18 (800 ng / ml).
Ph 18 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Ac anti-K13 (400 ng / ml).
Ph 19 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Bien qu'il soit impossible de comparer quantitativement l'expression d'une kératine donnée sur coupe tissulaire par rapport à la culture cellulaire, nous avons observé les faits suivants : les kératines 19 et 8 sont fortement exprimées à la fois en immunohistochime et immunocytochimie tandis que les kératines 18 et 13 qui sont faiblement exprimées en immunohistochimie le sont également en immunocytochimie. Les marquages des cellules épithéliales trachéales sont donc positifs pour ces 4 kératines, et négatifs pour d'autres types cellulaires :

Cellules fibroblastiques. Immunomarquage négatif par les Ac anti-K19, K18, K13, K8
Ph 20 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
- cellules d'allure fibroblastique observées de temps à autre dans nos cultures (les mêmes anticorps anti-kératines, aux mêmes dilutions ont été utilisés) (photo n°20)
- cellules endothéliales vasculaires humaines cultivées au laboratoire (photo n°21).
Cellules endothéliales vasculaires. Immunomarquage négatif par les Ac anti-K19, K18, K13, K8
Ph 21 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Ces résultats tendent à montrer que les cellules obtenues en culture sont épithéliales, et que la mise en culture de ces cellules et leur maintien ne modifient pas leur phénotype quant à l'expression des 4 kératines étudiées, par rapport au prélèvement dont ces cellules sont issues.

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A-4-3-Révélation des kératines après extraction, séparation et immunodétection après transfert sur nitrocellulose

Electrophorèse en gel de polyacrylamide à 10 %.
Ph 22 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Afin d'examiner l'expression des kératines 19, 18, 13 et 8 par les cellules épithéliales, nous avons préparé une fraction protéique enrichie en kératines, que nous avons séparées par électrophorèse en gel dénaturant de polyacrylamide à 10 %, puis analysées par immunodétection avec les anticorps monoclonaux anti-kératines 19, 18, 13 et 8. Sur les photos n°22 et n°23, nous avons regroupé les résultats de la séparation des kératines et de leur reconnaisssance par immunodétection pour les cellules témoins (T), ce qui contribue à la caractérisation de notre modèle, mais aussi pour les cellules traitées par l'acide rétinoïque (A et AR), étude dont les résultats seront commentés plus loin.
Immunodétection après transfert sur nitrocellulose.
Ph 23 : Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Les bandes observées après coloration du gel au bleu de Coomassie (photo n°22) montre que les kératines extraites des cellules témoins (T) ont des poids moléculaires d'environ 72 ; 67 ; 64 ; 61,5 ; 58 ; 52,5 ; 51,5 et 49,5 kD. Or ce résultat est surprenant puisque la distribution des principales cytokératines de l'épithélium trachéal ne fait apparaître que des cytokératines dont les poids moléculaires sont compris entre 40 kD et 58 kD (Moll, 1982, tableau n°1). De même, l'anticorps anti-K19, commercialisé pour la reconnaissance de la kératine de poids moléculaire 40 kD, permet après immunodétection de révéler la présence de 2 bandes à 67 et 52,5 kD. L'immunodétection par l'anticorps anti-K18 montre la présence de 2 bandes à 52,5 et 49,5 kD alors que nous aurions dû obtenir au moins une bande à 45 kD. L'immunodétection avec l'anticorps anti-K13 montre la présence de 5 bandes à 67 ; 64 ; 58 ; 52,5 et 49,5 kD tandis que l'immunodétection avec l'anticorps anti-K8 montre une bande à 67 kD. Avec ces 2 derniers anticorps, des bandes théoriques à respectivement 54 et 52,5 kD auraient dû être visualisées. La bande de 67 kD est donc révélée par l'anticorps anti-K19 mais aussi par les anticorps anti-K13 et anti-K8. De même la bande de 52,5 kD est révélée par les anticorps anti-K19, anti-K18 et anti-K13 et la bande à 49,5 kD est révélée par les anticorps anti-K18 et anti-K13.

Ces résultats étonnants et que nous tenterons d'expliquer plus loin ont été obtenus par 2 fois au cours d'extractions conduites à partir de deux populations cellulaires différentes. Parmi les problèmes soulevés par ces résultats, notons la présence de la bande à 67 kD qui pourrait correspondre à de l'albumine sérique : en effet notre milieu de culture est additionné de 2 % d'Ultroser G dont nous avons pu obtenir auprès de la société qui le commercialise, qu'il contenait une petite fraction sérique d'environ 5 %.

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